Elite Dangerous : Law & Disorder rend le crime rentable
Jouer les criminels de l'espace dans Elite Dangerous en a rarement valu la peine. Frontier Developments veut changer ça.
Le mois dernier, le studio avait présenté pour la première fois sa grosse mise à jour de décembre, une refonte en profondeur du système de criminalité censée rendre la vie hors-la-loi à la fois plus lucrative et plus praticable. Cette première annonce restait assez générale. Le nouveau billet entre dans le détail et donne une idée bien plus nette de la manière dont fonctionnera concrètement le jeu en hors-la-loi à l'arrivée de Law & Disorder.
Pas de témoin, pas de prime
Le plus gros changement concerne la façon dont les crimes sont repérés. Avec les nouvelles règles, les PNJ doivent réellement voir un crime se produire, ou en avoir connaissance d'une autre manière, avant qu'un joueur ait des ennuis. Commettre une infraction ne fera plus automatiquement de vous un pilote recherché.
À la place, toute tentative de crime place le joueur dans ce que Frontier appelle un état de prime non confirmée, ou UCB pour faire court. Ce statut fait office de sursis. Si vous quittez les lieux avant que quiconque vous scanne ou vous retrouve, l'UCB disparaît tout simplement. Si vous vous faites prendre, en revanche, c'est une autre histoire.
Sur le papier, c'est un petit ajustement de mécanique. Dans les faits, il récompense le jeu prudent et opportuniste sur lequel toute carrière criminelle devrait reposer.
Mêmes crimes, nouvelles méthodes
La liste des infractions possibles ne bouge pas beaucoup. Les joueurs peuvent toujours voler des objets dans des bases, commettre des meurtres ou dépouiller des PNJ de leur cargaison. La piraterie, elle, devient plus simple. Les drones brise-écoutille ne seront plus nécessaires : les pirates pourront se contenter d'exiger des marchandises de leurs cibles, puis d'écouler leur butin sur les marchés noirs.
La contrebande doit elle aussi devenir plus viable, mais Frontier indique qu'il en dira davantage à ce sujet plus tard.
Votre casier vous suit, pas votre vaisseau
Les casiers judiciaires seront désormais liés au personnage du joueur et non plus à chaque vaisseau. La criminalité s'accumule sur cinq paliers, et même les joueurs qui ont bien grimpé dans ce classement peuvent se faire un peu plus discrets en changeant d'appareil.
Ce n'est pas pour autant une échappatoire parfaite. Les vaisseaux peuvent se forger leur propre réputation au fil du temps s'ils servent régulièrement à commettre des crimes, si bien que votre coque de pirate préférée pourrait finir par devenir un handicap à elle seule.
Quand la pression devient trop forte d'un côté comme de l'autre, les joueurs peuvent se rendre dans des systèmes criminels et y chercher un effaceur de casier, capable de remettre à zéro leur indice de criminalité.
Le PvP a ses propres règles
L'essentiel de ces changements vise les crimes commis contre des PNJ, mais le même cadre s'applique aussi aux crimes contre d'autres joueurs. Ces cas relèvent de la Pilot's Federation, qui gère un système de paliers distinct, avec des primes et des amendes plus lourdes.
Il y a des exceptions. Les joueurs peuvent toujours désactiver le signalement des crimes s'ils veulent affronter d'autres commandants sans pénalité. Les crimes commis dans le cadre du Powerplay, le conflit territorial entre factions du jeu, ne seront pas non plus comptabilisés, puisqu'ils sont considérés comme des actes de guerre.
D'autres nouveautés en octobre
Law & Disorder est prévu pour décembre, mais le même billet aborde aussi des contenus plus proches. Il dévoile le prochain vaisseau qui arrivera en accès anticipé dans la boutique, présente une nouvelle opération et détaille des ajustements d'équilibrage pour plusieurs vaisseaux plus anciens. Tout cela est attendu en octobre.
Notre avis
On a l'impression que Frontier cherche à faire du crime non plus un système de sanctions, mais une véritable voie de carrière. La fenêtre de prime non confirmée et le casier lié au personnage montrent que le studio veut que le jeu en hors-la-loi repose sur la gestion du risque plutôt que sur des conséquences immédiates, ce qui marque un vrai changement de ton.
Cela s'inscrit aussi dans une tendance plus large des jeux spatiaux, où les conflits entre joueurs et l'anarchie sont souvent le principal attrait, comme l'ont montré des bacs à sable de longue date comme EVE Online. Dans le même temps, le dernier rapport mensuel de Star Citizen montre à quel point le genre compte encore sur de nouveaux vaisseaux pour garder les joueurs mobilisés, ce que reflète aussi le modèle d'accès anticipé en boutique d'Elite.
Il faudra surveiller de près la tenue du volet PvP. Le signalement facultatif des crimes et l'exemption liée au Powerplay pourraient laisser des failles que les joueurs malveillants tenteront d'exploiter. Les précisions promises sur la contrebande seront elles aussi déterminantes pour savoir si le crime paie vraiment.
