Ultima : Garriott explique comment récupérer les droits
Richard Garriott veut récupérer Ultima. Ça, on le sait depuis une bonne partie de 2026 : le créateur d'Ultima (et, oui, un homme qui est allé dans l'espace) a passé l'année à parler de reprendre le contrôle de la série qui l'a rendu célèbre. Ce qu'on ignorait encore, c'était le comment. Il vient de combler ce vide, et la réponse est plus simple que beaucoup de fans ne l'imaginaient.
Un compte à rebours de 35 ans
Tout est une question de temps. En tant que titulaire d'origine des droits d'auteur d'Ultima, Garriott affirme pouvoir les récupérer au bout de 35 ans. Le compteur a démarré quand il a vendu Origin, le studio derrière Ultima, à Electronic Arts en 1992. Ajoutez 35 ans et vous tombez sur 2027.
C'est donc en 2027 que les droits d'auteur peuvent lui revenir. Garriott indique avoir déjà notifié EA cette année, et l'éditeur est désormais en négociation avec lui. Ces discussions porteraient sur les éventuelles restrictions applicables et sur les éléments supplémentaires à prendre en compte dans le cadre de cette rétrocession.
Voilà une explication bien nette pour un projet qui relevait surtout, jusqu'ici, de l'ambition. Il ne s'agit pas d'un rachat, ni d'EA cédant généreusement une vieille licence poussiéreuse. À en croire Garriott, c'est simplement un droit qu'il détient en tant que créateur de l'oeuvre.
Les droits d'auteur ne font pas tout
Il y a toutefois un bémol de taille. Ce que Garriott récupère, ce sont les droits d'auteur, pas la marque. Pour ceux qui connaissent moins la différence : les droits d'auteur protègent l'oeuvre créative elle-même, tandis que la marque protège le nom et l'identité utilisés pour commercialiser un produit. Or la marque Ultima appartient toujours à EA.
Ça ne bloque pas forcément tout. Il serait sans doute possible de contourner le problème de la marque. Mais cela signifie que "Garriott récupère Ultima" s'accompagne d'un astérisque, du moins pour l'instant.
Ce qu'il compte en faire
C'est là que les choses deviennent floues. Garriott n'a pas dit ce qu'il comptait réellement faire une fois les droits en poche. Des rééditions des jeux classiques ? Un tout nouvel épisode ? Tout autre chose ? Aucune information pour le moment.
Son parcours récent donne pourtant de quoi gamberger aux fans. Son dernier grand jeu était Shroud of the Avatar, le successeur spirituel d'Ultima. Est venu ensuite un jeu NFT qui a fait pschitt avant même d'atteindre une véritable sortie.
Reste la question de l'IA générative. D'après le compte rendu d'un fan présent à une conférence de la DragonCon, Garriott mise à fond sur l'IA générative. Ce n'est qu'un témoignage de seconde main, mais c'est le genre de détail qui risque d'inquiéter bon nombre de joueurs de longue date d'Ultima, vu à quel point le débat sur l'IA dans le développement de jeux est devenu houleux.
Notre avis
Pour les joueurs de MMO, l'enjeu est réel : Ultima Online fait partie des jeux fondateurs du genre, et tout changement concernant le contrôle de l'univers Ultima mérite qu'on s'y intéresse. L'explication de Garriott transforme une vague promesse en quelque chose de concret : un droit légal assorti d'une date. Rien que pour ça, on dépasse le stade du voeu pieux.
Mais des droits d'auteur ne sont qu'un point de départ. Sans la marque, et sans le moindre projet annoncé, les fans n'ont encore rien à quoi jouer, ni même à imaginer. Il faudra surveiller l'issue de ses négociations avec EA, car les "restrictions" et les "éléments supplémentaires" en discussion pourraient déterminer la part d'Ultima qu'il pourra réellement exploiter.
Plus largement, les vieux mondes en ligne trouvent sans cesse le moyen de revenir sur le devant de la scène, que ce soit par leurs propriétaires officiels ou via des projets longtemps en sommeil, comme Pirates of the Burning Sea qui refait surface sur Steam. La nostalgie a manifestement toujours de l'attrait. Reste à savoir si Garriott saura en tirer quelque chose de valable, après l'héritage mitigé de Shroud of the Avatar et une aventure NFT tombée à l'eau. Son enthousiasme supposé pour l'IA générative laisse penser que le prochain Ultima, s'il voit le jour, pourrait être bien différent de ce dont se souviennent les vétérans. Tant qu'il n'aura pas dit ce qu'il prépare, une curiosité prudente semble l'attitude la plus raisonnable.
