Elder Scrolls Online : les devs avouent une passe difficile

Elder Scrolls Online : les devs avouent une passe difficile

The Elder Scrolls Online tient toujours debout. Mais ceux qui le font vivre reconnaissent avec une franchise inhabituelle à quel point le terrain s'est dérobé sous leurs pieds.

Plusieurs mois après une vague de licenciements qui a durement frappé l'équipe, des développeurs de ZeniMax ont fait le point auprès de PC Gamer. Leur réponse : le studio ne s'en est pas complètement remis, les pertes font encore mal et la route qui s'annonce sera difficile.

Ce n'est pas le genre de message que les joueurs de MMO ont l'habitude d'entendre de la part d'un studio. La plupart des équipes de jeux-service préfèrent parler de la prochaine extension, du prochain événement, de la prochaine nouveauté. ZeniMax, lui, parle de survie.

Un printemps à oublier

Les chiffres sont brutaux. Au printemps dernier, Microsoft a supprimé 213 postes chez The Elder Scrolls Online. Rien que ça, ce serait un coup dur pour n'importe quelle équipe. Ce qui rend la chose plus étrange, c'est qu'ESO n'était pas un projet en difficulté. Le jeu était populaire. Il était rentable. À bien des égards, c'était exactement le genre de jeu qu'un éditeur devrait vouloir protéger.

Au lieu de ça, il a perdu une énorme partie de ses effectifs d'un seul coup. Et les conséquences, de l'aveu même des développeurs, se font encore sentir aujourd'hui, en plein automne.

Ça vaut la peine de s'y attarder un instant. Des coupes dans un jeu qui périclite, c'est douloureux mais compréhensible. Des coupes dans un jeu en bonne santé envoient un tout autre signal aux joueurs, et à tous ceux qui travaillent dans l'industrie.

Les projets de 2026 glissent vers 2027

La conséquence la plus concrète pour les joueurs, c'est le calendrier. Selon Giacomini, qui s'est exprimé au nom de l'équipe, une grande partie des mises à jour prévues pour 2026 ont désormais été repoussées à 2027.

Ce retard ne sort pas de nulle part. ZeniMax a dû reprendre sa feuille de route et la reconstruire autour de l'équipe réduite dont il dispose aujourd'hui. En clair, le studio avait un plan pensé pour un certain effectif et a dû le réécrire pour un autre.

Pour un MMO, ce n'est pas anodin. Ces jeux vivent au rythme de leurs mises à jour. Les joueurs s'attendent à voir arriver du contenu à cadence régulière, et quand cette cadence ralentit, ça se remarque. Certains attendent. Certains partent voir ailleurs. Certains ne reviennent pas.

Le regard toujours tourné vers l'avenir

Malgré tout, Giacomini ne semblait pas abattu. Il a insisté sur le fait que l'équipe ne se contente pas d'éteindre des incendies. "Nous n'essayons pas seulement de savoir quoi faire maintenant", a-t-il déclaré. "Nous gardons clairement un oeil sur l'avenir et sur la manière de continuer à faire grandir ce jeu et à enthousiasmer les joueurs."

C'est une note d'espoir, et elle est légitime. Personne n'a envie d'entendre que son MMO préféré est sous perfusion. Mais le choix prudent des mots en dit long aussi. La croissance et l'enthousiasme sont les objectifs. La réalité, pour l'instant, c'est une feuille de route remaniée et une équipe qui travaille avec des moyens limités.

Cette tension - l'optimisme d'un côté, un studio amaigri de l'autre - résume au fond toute l'histoire.

Notre avis

Pour les joueurs d'ESO, la conclusion pratique est simple : il faut s'attendre à moins de contenu à court terme. Les mises à jour qui devaient arriver cette année sont désormais l'affaire de l'an prochain, et il paraît raisonnable de revoir ses attentes à la baisse quant au rythme de sortie des nouveautés, tant que ZeniMax n'aura pas montré à quoi ressemble réellement sa feuille de route révisée.

L'inquiétude la plus sérieuse porte sur ce que ces licenciements révèlent de la valeur que les éditeurs accordent aux jeux en ligne au long cours. ESO était présenté comme un jeu à la fois populaire et rentable, et il a pourtant perdu 213 personnes. Cela laisse penser que le succès commercial n'est plus un bouclier fiable pour les équipes de jeux-service. D'autres jeux installés de longue date traversent eux aussi une période de remise en question, de Bungie qui assure que Destiny 2 n'est pas fini à Jagex qui prévoit une purge des objets issus des microtransactions dans RuneScape. Chacun de ces jeux fait face à sa propre situation, mais ensemble, ils témoignent d'une période incertaine pour le genre.

Que surveiller maintenant ? D'abord, si ZeniMax communique un calendrier plus précis pour le contenu repoussé à 2027. Ensuite, si l'équipe parvient à maintenir un rythme de mises à jour régulier avec moins de bras. Les propos de Giacomini sur la croissance sont encourageants, mais il faudra voir si cette ambition se traduit par de vraies sorties, ou si le studio se concentre simplement, pour l'instant, sur le maintien du jeu à flot.